Marché hebdomadaire au terminus de liberté 5 : Le «louma agricole», la bonne affaire des producteurs et des consommateurs

En collaboration avec l’Association sénégalaise pour la promotion du développement à la base, l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole a organisé un « louma agricole », samedi et dimanche, au Terminus de Liberté 5, en perspective de la fête de la Korité.

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Sous une pluie battante ce samedi, les clients du « louma agricole » (marché hebdomadaire) au terminus de Liberté 5, se protègent à l’aide de parapluies. D’autres se couvrent la tête de sachets plastiques. Les 41 stands prévus sont occupés. Cultivateur, Souleymane Mbengue se positionne : « les pastèques sont entre 4 et 10 kg. Chaque kilogramme est vendu à 200 FCfa ; c’est la première fois que le louma coïncide avec une pluie. C’est pourquoi, nous n’avons pas vu l’affluence d’antan », dit-il. « Le marché n’est­ pas bien approvisionné. Où est l’oignon ? », demande le client Moussa Diop. Ouvert à 7 heures du matin, le « louma » ferme ses portes vers 20 heures. On y trouve de la viande de qualité d’une célèbre boucherie. Alé Samb salue le niveau de vente. « Nous avons amené trois bœufs, 20 moutons et 10 agneaux », raconte-t-il. « Cette boucherie a fait hier (samedi) un chiffre d’affaires de 3,8 millions de FCfa avec 1575 kg de viande écoulés », dit-il. L’oignon local de moindre qualité n’a été disponible qu’hier. «Cette production vient juste d’arriver ce dimanche. Nous vendons le kilogramme à 400 FCfa », confie Pape Guèye.


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Fatou Diba vend du gombo à 350 FCfa le kilogramme. « Il n’y a pas une grande différence par rapport au prix du marché », fait savoir Mane Touré Niang, journaliste économique et habituée des marchés hebdomadaires. Ce que ne partage pas Mame Diouf, producteur, « le piment Safi s’échange à 1800 FCfa le kilogramme, alors que sur le marché, on le vend jusqu’à 2500 FCfa ». Non, réplique Mame Touré Niang. « On peut négocier ce piment au même prix prévu par les organisateurs du « louma », insiste-t-elle.


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Sur le non approvisionnement du louma en oignon, Mame Diouf explique que « la quantité cultivée est épuisée ». En effet, devant chaque stand, on voit affichés les prix homologués, afin d’éviter toute spéculation. « Certains producteurs ont tendance à augmenter les prix au deuxième jour, lorsqu’ils constatent que la demande est forte. Il ne doit pas y avoir deux prix pour le seul week-end. Il faut veiller à cela », déclare Mme Diallo. D’ailleurs, cette invite répond au slogan du louma : « le meilleur de nos terroirs au cœur de nos villes ».

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La papaye « solo » est négociée à 600 FCfa le kilogramme, fait savoir Pape Hann, après s’être félicité du nombre de visiteurs. « 95 % des produits proviennent des champs. Nous sommes des agriculteurs. Ces rencontres nous permettent d’exposer mais aussi de vendre. Le consommer local est à vulgariser», ajoute-t-il. « Je pense qu’il y a plus de clients par rapport aux autres éditions », déclare Diack Thiam. Bamba Diop de l’Anida, chargé du suivi évaluation, note qu’un laboratoire gère la qualité des produits agricoles.


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Productrice de riz dans la vallée, Aminata Kane,­ originaire de Louga, fait savoir que le kilogramme revient à 280 FCfa. « Lors de la dernière édition, j’avais vendu cinq tonnes. Je ne pense pas commercialiser une telle quantité cette année. Le sac de 25 kg coûte 7000 FCfa », lance-t-elle. « Le riz que vous venez de voir est produit durant le mois de mars, c’est-à-dire pendant la contre-saison », révèle le directeur général de la Saed, Mamoudou Dème. L’huile de palme, le poisson séché, les fruits de mer, les crevettes font partie des denrées exposées par Modou Diop qui se réjouit de l’affluence. Parmi les produits les plus prisés, il faut noter la viande, le poulet et les œufs. Sophie Ba Mendy, productrice, échange le plateau d’œufs entre 1800 et 2000 FCfa. « Samedi, nous avons amené 129 poulets et ce dimanche, 150 sont dans le congélateur. Le kilogramme de poulet se monnaye à 2500 FCfa », avance la dame, propriétaire d’une ferme agricole près du Lac Rose. Pape Alé Niang, journaliste, venu faire des achats approuve ces genres de rendez-vous. Mme Diallo a l’habitude de venir se ravitailler dans les « loumas ». « Les marchés hebdomadaires sont une aubaine, car les prix fixés sont plus abordables », se réjouit-elle.


Source: lesoleil.sn du 05 Aout 2013 par Serigne Mansour­ Sy CISSE